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Les plantes médicinales ramassées en Morvan


Geste ancestral, la cueillette raisonnée des fruits de la nature avait une place fondamentale dans nos sociétés rurales traditionnelles. Autrefois, les gens se soignaient avec ce qu'ils trouvaient. Il y en avait des plantes. On en ramassait quand on allait aux champs, quand on surveillait les bêtes... (Témoignage oral, Saint-Léger-sous-Beuvray.)Même si aujourd'hui cette pratique a quasiment disparu chez le commun des mortels, les producteurs du Morvan ont renoué avec la tradition en tirant parti de la générosité de la nature morvandelle.
Sceau de Salomon
Polygonatum multiflorum (L.) All.
Le Muguet du pauvre compte parmi les plantes les plus faciles à reconnaître. Le Sceau de Salomon doit son nom à l'aspect de sa tige souterraine, partant des renflements ornés de cicatrices circulaires, traces témoins des tiges aériennes des années précédentes. On a comparé cette cicatrice à l'empreinte d'un sceau. La légende rapporte que le roi Salomon l'utilisait comme talisman.
Grande Berce
Pan'ai
Heracleum sphondylium L.
Cette plante figure parmi les plus communes de notre flore. Ses feuilles sont ramassées pour l'alimentation des lapins. La Grande Berce est connue en Morvan sous le nom de Panné : la plante ressemble en fait au vrai Panais, absent de la région. De nombreux usages lui reconnaissent un rôle tonifiant.
Ortie
Ourtie , Ourtie brûlante
Urtica dioica L.
Ses piqûres, provoquées par un liquide contenu dans des poils superficiels fonctionnant comme une véritable seringue, ont rendu la plante célèbre. Recherchant des lieux d'occupation humaine, l'Ortie a de tout temps rendu de précieux services : nourriture des campagnes, aliment des volailles, usage textile, base des composts. Sa forte teneur en fer favorise son activité reconstituante sur l'organisme.
Genêt à balai
Balai
Cytisus scoparius (L.) Link.
Cet arbuste à fleurs jaunes en forme de papillon envahit rapidement les terrains abandonnés du Morvan, lui conférant son image caractéristique de printemps. Ce pouvoir de colonisation est souvent propre aux espèces de cette famille, les Papilionacées. Grâce à des bactéries, ces plantes ont la propriété de fixer par leurs racines l'azote atmosphérique et donc d'améliorer la qualité des terres. Comme son nom l'indique, cet arbuste servait à la confection des balais. On récolte actuellement les fleurs, utilisées en herboristerie pour leurs propriétés diurétiques et tonicardiaques.
Scrofulaire noueuse
Herbe à la règle
Scrofularia nodosa L.
Cette plante robuste se remarque davantage par son odeur nauséabonde que par ses fleurs, discrètes et peu colorées. La scrofule est une tumeur souvent rencontrée chez la truie que l'on soignait par la Scrofulaire. Les nodosités de la racine peuvent en avoir suggéré l'usage, répondant en cela à la théorie des signatures très prisée à la fin du Moyen Âge qui stipulait que la plante contenait dans sa forme la signature de ses vertus.
Millepertuis
Milletrous, Chasse diable, Herbe de la Saint-Jean
Hypericum perforatum L.
Par tradition, le Millepertuis se ramasse au solstice d'été ou plus particulièrement le jour de la Saint-Jean. La disposition et la couleur de ses pétales et pièces reproductrices symbolisent avec éclat les forces de la lumière et les rayons solaires. Macérées dans l'huile au soleil, les sommités fraîches donnent une huile rouge connue comme remède spécifique des brûlures et coups de soleil.
Reine des prés
Filipendula ulmaria (L.) Maxim.
La Reine des prés couvre de ses houppes de fleurs blanches les nombreux fonds plats marécageux du Morvan. C'est à partir du Saule et de la Reine des prés que l'on a isolé, dans la première moitié du XIXème siècle, l'acide salicylique, mieux connu sous le nom commercial d'aspirine. La Reine des prés est l'un de nos plus précieux remèdes végétaux favorisant l'élimination (goutte, œdème, cellulite) et luttant contre les rhumatismes par son action anti-inflammatoire. On récolte les sommités fleuries et les feuilles.
Salicaire
Lythrum salicaria L.
La Salicaire, reconnaissable à ses grands peuplements de fleurs rouge sang, affectionne les fossés humides des zones périphériques au Morvan. Elle est appréciée, tant en médecine humaine que vétérinaire, pour son usage adoucissant dans les diarrhées. Ses propriétés toniques et antihémorragiques sont également reconnues.
Mélilot
Mignon, Mougon
Melilotus officinalis Lam.
Voisins des Trèfles et de la Luzerne, les Mélilots abondent le long des routes dans les terres fraîchement remuées. Providence des apiculteurs, les Mélilots se différencient en Mélilot blanc, originaire du Caucase, et en Mélilot jaune ou officinal, réputé pour ses vertus adoucissantes et calmantes, mais toxique à forte dose.
Épilobe à feuilles étroites
Epilobium angustifolium L.
Une des plantes les plus remarquables du Morvan, reconnaissable à ses hautes fleurs rose pourpre, l'Épilobe à feuilles étroites, ou Laurier de Saint-Antoine, croît en abondance le long des lisières forestières, dans les coupes et au bord des routes. À maturité, les fruits s'ouvrent et laissent échapper de nombreuses graines portées par le vent. Ses propriétés astringentes et calmantes des inflammations paraissent réhabiliter son usage. L'infusion de feuilles rappelle le thé.
Prêle des champs
Equisetum arvense L.
• Fructification : Les Prêles sont les représentants contemporains d'un important groupe fossile. Le nom populaire Queue de cheval attribué à la Prêle des champs évoque l'aspect de cette plante à la tige articulée, sans véritables feuilles et dotée de nombreuses ramifications. L'aspect rugueux au toucher était mis à profit dans le polissage des meubles. Leur forte teneur en silice favorise une action reminéralisante sur l'organisme.
Séneçon de Jacobée
Senecio Jacobaea L.
Répandu sur les talus, le Séneçon de Jacobée est l'un des représentants d'un genre colonisateur de nombreux milieux. Son usage traditionnel lui attribue la faculté d'apaiser les douleurs qui accompagnent les règles. Des recherches récentes ont mis en évidence une certaine toxicité qui incite à limiter son emploi.
Callune
Calluna vulgaris (L.) Hull.
Plus connue sous le nom de Bruyère commune, la Callune s'accommode de zones pauvres et inhospitalières : landes, tourbières acides, qu'elle colore en rose à la fin de l'été. À l'origine des noms locaux de Breuil, Brenots..., elle servait à la confection de balais. Ses fleurs assurent une fonction diurétique et antiseptique des voies urinaires. C'est également une plante mellifère importante.
Eupatoire chanvrine
Eupatorium cannabinum L.
Plante abondante dans les fossés humides des terrains riches de la périphérie du Morvan, elle doit sa dénomination à l'aspect de ses feuilles rappelant celles du chanvre. On la reconnaît en été à son exubérante chevelure de fleurs roses.
Saponaire
Herbe à savon
Saponaria officinalis L.
Proche des Œillets, la Saponaire, rare en Morvan, éclôt ses fleurs à cinq pétales le long des routes en été. Outre la vertu dépurative de ses racines, la Saponaire a été de tous temps utilisée comme succédané du savon grâce à son pouvoir moussant.
Tanaisie
Tanacetum vulgare L.
Plante robuste typique des décombres et des voies ferrées, elle s'est répandue en Europe occidentale par les invasions barbares. Elle doit ses propriétés vermifuges à une essence toxique à l'odeur puissante exhalée par toute la plante.
Verge d'or
Solidago virgaurea L.
La Verge d'or se rencontre dans les bois clairs et les lisières où ses fleurs s'épanouissent jusqu'au début de l'automne. Elle est utilisée en plante entière pour ses propriétés diurétiques.
Vergerette du Canada
Conyza canadensis (L.) Cronq.
Originaire d'Amérique du Nord et introduite en Europe au milieu du XVIIème siècle, la Vergerette colonise les friches et les lieux habités. Son phénoménal pouvoir de reproduction et son indifférence au béton lui valent un développement surprenant dans les milieux urbains les plus inhospitaliers. Très proche de la Verge d'or, elle en possède les mêmes propriétés.

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