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Grand Rhinolophe

Rhinolophus ferrumequinum

Tête+corps : 57-71 mm ; queue : 35-43 mm ; avant-bras : 54-61 mm ; oreilles : 20-26 mm ; envergure : 350-400 mm ; poids : 16-34 g
Anglais :greater horseshoe bat. Allemand : Große Hufeisennase. Hollandais : grote hoefijzerneus. Italien : rinolofo maggiore.

Les rhinolophidés se caractérisent par un nez surmonté de membranes complexes dont une ressemblant à un ' fer à cheval '. Les espèces de cette famille se reconnaissent aisément car au repos et en hibernation, les individus s'enveloppent presque complètement dans leurs ailes ressemblant ainsi à de 'petits sacs noirs pendus'.

En raison de ses dimensions, le grand rhinolophe est très caractéristique. C'est le plus grand représentant de la famille. Comme tous les rhinolophes, il est facile à localiser car il s'accroche à découvert aux plafonds des bâtiments ou des cavernes la tête en bas. Son pelage dorsal est gris brun, tandis que le ventre est gris blanc à jaunâtre. Sa lèvre inférieure est bien rouge, ses yeux petits et les oreilles pointues ne laissent pas apparaître le tragus.

Cette chauve-souris est capable d'attraper des grosses proies telles des hannetons, des criquets et des bousiers. Pour les gros coléoptères tel le bousier Geotrupes stercorarius, seul l'abdomen est consommé, les pièces les plus coriaces sont délaissées (tête, thorax, ailes et pattes). Il peut partir en chasse dès le crépuscule. Dans un premier temps, il chasse aux alentours de l'entrée du gîte avant de gagner la végétation de la forêt, les milieux encombrés et les sous-bois. L'aire de dispersion nocturne est très étendue et l'animal exploite en une nuit une surface de deux km&sup2 (surface minimale pour les chiroptères). Ce prédateur est souvent perché. Il localise les insectes passant à proximité, puis s'envole pour les poursuivre (technique de chasse du ' gobe-mouche ' ). Il peut également capturer des proies posées au sol.

Animal sédentaire, il est capable de parcourir quelques dizaines de kilomètres pour rejoindre le gîte d'hiver et le gîte d'été (20-50 kilomètres). Quelques données de baguage dans les années 1950 ont donné quelques déplacements : B. Cannonge signale des individus bagués dans des carrières de Dijon et repris à Nuits-Saint-Georges (soit 28 km), à Brazey-en-Plaine (soit 30 km), à Plombières-les-Dijon (soit 9 km), et Y. Tupinier note un individu bagué à Puligny-Montrachet et relevé à Nuits-Saint-Georges (soit 30 km). Le grand rhinolophe hiberne de novembre à avril dans une cavité souterraine humide (cave, mine, grotte). Les colonies de mise bas sont uniquement composées de femelles. Elles s'installent principalement sous les combles des habitations, mais également dans les cavités souterraines (mines, grottes). Par contre, les quartiers d'hiver sont strictement le milieu souterrain. Les naissances uniques ont lieu en juillet. Mâture à l'âge de deux-trois ans, un grand rhinolophe peut vivre trente ans.

Répandu sur tout le territoire français, le grand rhinolophe est en forte régression. En Bourgogne, il a été noté dans les quatre départements mais du fait du manque de prospection son statut reste à définir. Dans l'Yonne, A. Gauthey signale qu'il est plus fréquent au sud du département qu'au nord, et les causes de cette disparité pourraient être les grandes cultures et un nombre de cavités souterraines moins nombreuses. Ce dernier point semble en effet un facteur limitant : dans le secteur étudié, le grand rhinolophe peut être considéré comme très rare. Aucune colonie de reproduction n'a été découverte. Il est présent sur trois carreaux unitaires en Morvan (individus en hibernation et en estivage). L'absence de cavités souterraines importantes et favorables est sans doute limitatif pour l'espèce. Dans le Vézelien, nous avons trouvé quelques individus en léthargie dans de petites cavités et dans des caves, ainsi que deux colonies de parturition de plus de quarante femelles chacune. Elles formaient des colonies mixtes avec des femelles de murins émarginés.

Le grand rhinolophe, espèce menacée, est très sensible au dérangement : X. Gillot, au début du siècle, signalait déjà leur disparition des sites trop fréquentés et éclairés en parlant des grottes d'Arcy-sur-Cure, site archéologique de renom, déjà en pleines fouilles. Les effectifs de ce rhinolophe dépendent beaucoup de l'homme. L'expansion de cette espèce thermophile a été favorisée par les greniers qui leur apportaient des pièges à air chaud recherchés par les colonies de parturition. Le coût de l'énergie et la vogue de la résidence secondaire ont conduit à l'isolement thermique et à la fermeture des nombreux greniers provoquant une ' crise du logement ' chez les rhinolophes qui, actuellement, ne peut être résolue par des abris artificiels.

Pour cette espèce, la protection des gîtes d'hivernage et de reproduction est primordiale pour le maintien de ses populations.

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